Voilà des années qu’il mène une vie très urbaine – Londres, Berlin, New York, un peu Paris. Mais il devient plus bavard si on le lance sur la terre sacrée de sa jeunesse: Brassac-sur-Agout, dans le Haut-Languedoc, une région de lacs, de rivières et de granit. «C’est un lieu de chaos, de passage et de peuples de barbares. Le village est chargé énergétiquement, il y a eu des guerres de religion et des guerres de familles qui durent encore aujourd’hui. La rive gauche est protestante, la droite catholique.» Silence. Julien Gasc est sans doute plongé dans un passé qu’on devine délicieux. «Si je pouvais y vivre dans une forme d’ermitage, ça me plairait beaucoup. C’est presque la montagne, mais on a aussi l’air de la Méditerranée. On a tout et rien à la fois.»

Le paradoxe, le tumulte et la complétude: comme un résumé de Julien Gasc, personnage sidérant et porté par des ondes terriblement séduisantes. Il est perché, mais cohérent. Rêveur, mais aussi très concret quand il s’agit de savoir où aller. L’Appel de la forêt, son troisième essai à la beauté immaculée, est magnifié par sa voix claire et envoûtante, qui coule tantôt sur des rythmes sud-américains, tantôt sur des musiques de films seventies.