La justice californienne a dressé un portrait au vitriol de Conrad Murray, le dernier médecin de Michael Jackson, poursuivi pour homicide involontaire pour la mort de la star.

Le 25 juin 2009, le «roi de la pop» succombait à l’âge de 50 ans des suites d’une surdose de médicaments dans sa maison de Los Angeles. L’autopsie révèle que la mort a été causée par le propofol, un anesthésiant extrêmement puissant utilisé en milieu hospitalier que la star utilisait comme somnifère.

En février 2010, le procureur de Los Angeles décidait de poursuivre le dernier médecin de la pop star, Conrad Murray, pour homicide involontaire. Une audience préliminaire s’est tenue mardi à Los Angeles.

Les débats ont commencé vers 09H00 locales (18h00 suisses), avec une première intervention de l’accusation. Le procureur adjoint de Los Angeles, David Walgren, a déclaré que ses experts médicaux «montreraient que les soins apportés (à Michael Jackson par son médecin) ont été loin des standards requis».

Appel tardif

M. Walgren a notamment assuré que Conrad Murray «avait administré du propofol sans disposer du matériel médical nécessaire, ne disposait pas de personnel de soins […]. Il l’a aussi accusé d’avoir tardé à appeler les secours, de n’avoir pas conservé les dossiers médicaux (du chanteur) et de ne pas avoir informé les docteurs et les secours de la situation médicale» du patient.

Conrad Murray a toujours reconnu avoir administré du propofol au chanteur de «Thriller» le jour de sa mort. Il a également assuré avoir essayé de «sevrer» le chanteur avec d’autres médicaments et que c’est à la demande expresse de Jackson qu’il avait fini par lui injecter le médicament fatal.

«Etrange demande»

L’assistant personnel du chanteur, Michael Williams, a raconté mardi avoir reçu un appel «survolté» de Conrad Murray le 25 juin à 12H13. Il lui demandait de venir au plus vite au domicile du chanteur.

Il était là lorsque les enfants du «roi de la pop» ont appris la mort de leur père. Selon lui, le manager de Jackson, Frank Dileo, aurait dit aux enfants: «Papa a fait une crise cardiaque et il est mort». Le médecin aurait alors déclaré «Ne dites pas ça, on ne sait pas».

M. Williams a également fait part d’une «étrange demande» que lui aurait faite Conrad Murray: «M. Jackson avait une certaine crème dans sa chambre et il n’aurait pas voulu que le monde entier le sache. Pouvez-vous demander à quelqu’un de retourner à la maison pour aller la chercher?». M. Williams a rétorqué qu’il n’avait pas la clé.

Jugement ou pas

La mère du chanteur, Katherine Jackson, ainsi que son frère Jackie et sa soeur La Toya, étaient présents dans la salle. Au terme des audiences préliminaires, le juge Michael Pastor devra décider si Conrad Murray doit ou non passer en jugement. Le médecin était entré au tribunal par une porte dérobée.

Selon une déposition de l’accusation devant la cour la semaine dernière, la défense du médecin devrait soutenir dans les prochains jours la thèse d’un «suicide» du chanteur. Celui-ci se serait réveillé pour s’injecter lui-même une dose supplémentaire de propofol en l’absence du médecin. La défense a refusé de commenter ces informations.

Deux semaines d’audiences

Le père du chanteur, Joe Jackson, a balayé d’un revers de la main la théorie du suicide. «C’est un Jackson. Il n’aurait pas fait ça», a-t-il déclaré depuis Las Vegas au site X17online, spécialisé dans la vie des célébrités.

Les audiences préliminaires devraient durer environ deux semaines. Quelque 35 personnes devraient être appelées à s’témoigner.