Musique

Keith Flint, la mort d’un Père Fouettard sous acide

Attraction scénique numéro un du groupe techno The Prodigy, l’Anglais est décédé à l’âge de 49 ans

Sorti en novembre dernier, le septième album de The Prodigy avait instantanément occupé, en Angleterre, la première place des meilleures ventes. Proposant une techno percussive et puissante, nourrie comme toujours au punk rock et à l’acid house, No Tourists restera l’ultime disque du groupe, du moins dans sa formation originelle: son chanteur Keith Flint a en effet été retrouvé mort lundi matin à son domicile de Great Dunmow, à une septantaine de kilomètres au nord-est de Londres. Il avait 49 ans.

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Avec son look de personnage de bande dessinée, sorte de Père Fouettard sous acide, le Britannique était l’argument scénique numéro un de The Prodigy, tandis que le producteur et compositeur Liam Howlett se cachait derrière ses machines.

En 1993, alors que The Prodigy s’arrêtait pour la première fois en Suisse romande, difficile d’imaginer que le groupe se produirait ensuite dans les plus grands festivals du monde. Dans une salle lausannoise aux deux tiers vide où se produisaient avant eux leurs compatriotes de Blur, les Anglais débarquaient nuitamment en donnant l’impression de faire de la figuration, leurs sons semblant préenregistrés.

Dansant dans un survêtement blanc, Keith Flint ne ressemblait à rien, au point qu’on se demandait comment ce pignolo avait pu être engagé par un groupe qui présentait ce soir-là son premier album, Experience. Un disque un peu foutraque mais qui, à défaut d’être totalement abouti, proposait Out of Space, formidable invitation à la fête qui laissait augurer du potentiel mélodique d’une formation qui sera vite associée à Fatboy Slim, The Chemical Brothers et Underworld dans une célébration du renouveau de la scène électronique britannique.

La consécration viendra en 1997 avec The Fat of the Land, troisième album d’une ahurissante force de frappe, porté par les imparables Smack My Bitch Up, Breathe et Firestarter. The Prodigy propose alors des concerts saturés de stroboscope, tandis que Keith Flint se transforme chaque soir en bête de scène intenable et effrayante. Au civil, le chanteur était une personne unanimement qualifiée de discrète et charmante. Mais qui luttait apparemment contre des démons intérieurs: sur les réseaux sociaux, Liam Howlett et Maxim, chanteur lui aussi, ont confirmé que leur ami s’était ôté la vie.

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