Quelque part entre Fribourg et Berne. Le Bad Bonn situe à longueur d'année Guin sur la carte des bons plans. Un club ouvert aux musiques de tous bords, de toutes les marges. Alternatifs, underground, expérimentaux, annexes, en devenir ou simplement méconnus: le festival Kilbi aligne, du 1er au 3 juin, les groupes qu'on adorerait si on les connaissait. Parmi les «têtes d'affiche», on retient particulièrement, ce jeudi, Jamie Lidell. L'expérimentateur électronique marie bruit blanc et «black music»: sur un «human beat-box» mis en boucle, devant les parasites d'effets terroristes, l'Anglais fait éclore la soul d'une voix hantée par les 60's. Le même soir, Jon Spencer, le meneur de l'éponyme Blues Explosion, se fera l'allié de Matt Verta-Ray, l'homme derrière Speedball Baby, pour contrefaire, avec Heavy Trash, un rockabilly qui inhale le dernier souffle de Bo Diddley et s'inspire des halètements d'Elvis. Vendredi, c'est The Delilahs, trio de rockeuses alémaniques très en vogue qu'on guettera.

Samedi, avant la horde sauvage d'Animal Collective, les Helvético-Suédois de Herman Düne exalteront les sympathies de leurs bonnets à pompon et de leur folk de bon pote. Le même soir, Final Fantasy, le violoniste d'Arcade Fire, prouvera que la vraie dissidence n'est plus dans les guitares saturées des mauvais garçons d'hier. Pour finir ce panoramique subjectif, on attend samedi toujours le No Neck Blues Band, - sans conteste la formation la plus culte du festival -, collectif d'improvisateurs américains qui trouve la postérité dans l'instant.

Kilbi Festival, Guin (FR). Du 1er au 3 juin. Loc.: Fnac; Rens.: http://www.badbonn.ch