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«Killing Eve», la série où les femmes mènent le bal sanglant

Canal + dévoile ce jeudi soir une série anglo-américaine avec Sandra Oh, cheffe espionne, et Jodie Comer, experte en crimes brutaux

Il ne faut pas trop parler de Grey’s Anatomy à Sandra Oh. Interrogée ce printemps à Canneseries à propos de son expérience dans la peau de la doctoresse Cristina Yang – de 2005 à 2014, tout de même –, la Canadienne a émis quelques polis borborygmes avant de passer à autre chose. Ça tombe bien, sa nouvelle aventure est bien plus excitante. Canal+ dévoile ce jeudi soir Killing Eve, thriller d’espionnage en une première saison de huit épisodes, qui promet quelques grands moments de suspense à travers l’Europe.

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Sandra Oh y incarne Eve, une espionne des renseignements britanniques formant un drôle de vieux couple avec son mari. Un diplomate russe a été tué à Vienne, et cela inquiète le MI5. En retard à une séance, avec son café brinquebalant et face aux cravatés du samedi matin, Eve suggère que le tueur serait une femme.

La terrible Villanelle

Juste. C’est la redoutable Villanelle (Jodie Comer, vue dans Thirteen), franc-tireuse de l’espionnage et du crime, qui ne fait jamais dans la dentelle. La voilà d’ailleurs en Toscane, où elle trucide un homme d’affaires d’une épingle dans l’œil. Une femme clé, une Polonaise témoin dans l’une des affaires, séjourne à l’hôpital. Eve recrute son mari et un ami, tous deux parlant la langue. Puis elle veut la voir afin d’obtenir des informations. Villanelle débarque dans la maison de soins, et c’est un bain de sang. Eve est licenciée, avant d’être approchée par une pointure de l’ombre du MI5. Voudrait-elle se concentrer sur la recherche de la première criminelle d’Europe?

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Une entreprise de femmes

A part l’auteur des romans d’origine, Luke Jennings, et sa saga Villanelle, tout est féminin dans Killing Eve, créée par Phoebe Waller-Bridge, actrice (dans le dernier Star Wars, notamment) et auteure de Fleabag, visible sur Amazon. «C’est un hasard, lance-t-elle à propos de l’équipe quasi intégralement féminine de la série. J’espère surtout que les protagonistes féminines sont des personnages, tout simplement. Les deux femmes ont leur part d’ombre, elles mènent des vies on ne peut plus différentes, mais elles vont se traquer.» Sandra Oh renchérit: «Ce qui m’a surtout intéressée, c’est la manière dont Villanelle secoue Eve.»

Au milieu de l’affrontement, tout de même, figure un homme, incarné par Kim Bodnia (le placide collègue de Saga Norén dans les premières saisons de The Bridge), un agent trouble qui semble encadrer Villanelle – mais est-elle seulement contrôlable?

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Pour la coproductrice Sally Woodward Gentle, «la question de cette presque exclusivité de personnages féminins n’est pas venue dans la discussion. Ce qui nous a frappés dans les romans, c’est la fraîcheur de l’ensemble.»

Un ton unique

Le mot est bien choisi. La série relève du registre dramatique, elle se révèle parfois brutale, comme sa tueuse. Pourtant, elle est conduite sur un pas de danse alerte, presque léger, comme une grave badinerie de barbouzes et d’assassins.

Le feuilleton a été commandé par BBC America, «mais c’est une série anglaise, en réalité. Nous y tenons, pour son rythme, sa couleur», précise Phoebe Waller-Bridge. Même si Killing Eve offre, de Paris à Berlin en passant par l’Italie et Londres, une frémissante et sanglante géopolitique du moment.

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