Kirill Serebrennikov découvrait en 2016 le Festival de Cannes. Présenté dans la section Un certain regard, Le Disciple valait soudainement une plus large visibilité à ce cinéaste déjà remarqué à Venise, également metteur en scène et dramaturge reconnu – il a notamment dirigé pendant une dizaine d’années le Centre Gogol de Moscou. C’est ensuite en compétition officielle qu’il présentait Leto en 2018, puis La Fièvre de Petrov cette année. Mais sans pouvoir revenir sur la Croisette en personne. Accusé de détournement de subventions publiques et d’abord assigné à résidence, il a en effet été condamné à 3 ans de prison avec sursis, assortis d’une interdiction de sortie du territoire. A la suite d’un procès qu’il qualifie volontiers de kafkaïen et qui avait pour but premier d’étouffer ses prises de position critiques.