Hip-hop. K-os. Atlantis, hymns for disco. (Virgin-EMI)

Ne vous méprenez pas en écoutant la première plage, très «classiques du rap». Ce disque n'est pas un retour du hip hop old school mais un creuset où fusionnent les styles contradictoires, les instruments, les samples et la voix. Si l'on retrouve des séquences rappées dans presque tous les morceaux de K-os, il sait aussi très bien chanter, et pas seulement façon R & B sucré ou reggae.

Avec sa voix de toasteur jamaïcain, l'Américain explore les univers sans complexe. Imbibé de vieux rhythm'n'blues parfois, K-os peut se faire aussi brownien, comme sur «The Rain», qui évoque insolemment «This Is A Man's World». Voire se montrer inattendu quand il s'aventure sur les traces de Police et du ska à l'anglaise sur «Born To Run».

Le côté neuf et frais de ce troisième album se trouve dans les oscillations entre deux traditions qui furent longtemps imperméables: le pop et le rock, d'un côté, la soul et le rap de l'autre. Ultime baroud aux mollahs du hip-hop, une citation du «Jailhouse Rock» d'Elvis sur le morceau «Equalizer».

Comme Outkast ou Pharell Williams, ses aînés, K-os fait partie de ceux qui ont grandi dans la culture rap pour mieux se dégager de ses poncifs, musicaux comme culturels. Le très swingant «Flypaper» partage d'ailleurs plus qu'un air de famille avec les productions d'Outkast. Le style K-os serait-il plus éclectique qu'original? Encore en phase de maturation, il devrait tout de même satisfaire les oreilles exigeantes. A suivre donc.