Diplomatie

Au Kremlin, Ueli Maurer a retrouvé «un ami de la Suisse»

Le président est sorti satisfait de ses deux heures d’entretien avec Vladimir Poutine. Au menu: Ukraine, Géorgie, économie

Sous les dorures et moulures du Kremlin, Ueli Maurer a hier poussé pour un rôle accru de la Suisse dans le processus de paix en Ukraine. «Nous avons notamment parlé de nos efforts et de notre engagement au sein de l’OSCE», a confié le président de la Confédération après ses deux heures d’entretien et de déjeuner avec Vladimir Poutine. «C’est un ami de la Suisse. Il connaît très bien notre pays et son rôle de médiateur.»

Ueli Maurer n’a pas caché les divergences entre Moscou et Berne. Sur l’Ukraine et aussi sur la Géorgie. «Notre rôle, c’est d’être un pays ouvert. Vladimir Poutine l’a bien compris», a cependant insisté le président. Dans le cadre du mandat helvète d’intermédiaire entre la Russie et la Géorgie, sans relations diplomatiques suite à la guerre de 2008, Ueli Maurer a présenté à Vladimir Poutine la requête géorgienne de reprendre les vols directs entre les deux pays. Demande rejetée par le chef du Kremlin, qui préfère attendre un apaisement de la situation politique à Tbilissi.

Sujets économiques

Près de la moitié des discussions ont porté sur les sujets économiques. Au Kremlin, comme avant auprès du premier ministre Dmitrï Medvedev, Ueli Maurer a défendu la mise en place de «mécanismes de soutien pour aider nos PME à entrer sur le marché russe». Dans ses remarques inaugurales, Vladimir Poutine a lui-même insisté sur la nécessité d’accroître les échanges commerciaux qui, l’an passé, ont augmenté de quelque 20%. «Nous avons des relations très profondes et nous voulons les développer», a insisté le président russe.

Ueli Maurer, qui à Moscou a rencontré une douzaine d’entrepreneurs suisses mais n’a pas eu le temps de s’entretenir avec la société civile russe, n’a pas évoqué les droits de l’homme dans ses conversations au Kremlin. Et il a ensuite évité toutes questions critiques. «Je suis venu sans préjugé malgré nos différences», a confié le président, visiblement satisfait de ses «discussions très ouvertes, concrètes et agréables».

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