«J’ai immédiatement eu la vision d’une cave à jazz la première fois que je suis entré», se souvient Philippe Dallais, le créateur du KVO. Le «caveau», c’est une petite salle voûtée au rez-de-chaussée d’une maison du XVIIIe siècle dans le centre du village de Corcelles (NE), devenue lieu de concert, et bien plus encore. On l’avait découvert cet été, lors d’un galop d’essai avec l’éblouissant Afrojazz des Romands de Cousin Marvin, qui nous avait occasionné une mémorable piloérection. Depuis, les poils de nos bras sont retombés, le KVO s’est structuré et a doublement inauguré ce dimanche sa programmation hivernale, avec le trio Musique sérafade. Doublement car le premier concert de 17h a rapidement fait un carton plein, en entraînant un second à 20h, tout aussi complet. Pour un total d’une centaine de personnes, ce qui correspond à «la configuration calme».

On n’est pas ici dans une quelconque Arena. Au KVO, on a plutôt l’esprit de famille. «La ligne directrice de la programmation tourne autour du jazz, en exploitant toutes les musiques du monde à travers des artistes locaux mais reconnus», poursuit le maître des lieux, ethnologue et commissaire d’exposition. L’homme organise d’ailleurs en ce moment à La Chaux-de-Fonds une «exposition infernale» dérivée du NIFFF, le festival du film fantastique de Neuchâtel, qui montre une collection de «diableries», des photographies stéréoscopiques issues de la collection personnelle du guitariste de Queen, Brian May.