Soutenir, promouvoir et célébrer les artistes du cru: la mission de Label Suisse, festival né en 2004 sous l’impulsion de la RTS, semble plus cruciale que jamais, alors que la pandémie laisse le monde de la musique live durablement meurtri.

Malgré l’incertitude ambiante, les organisateurs se sont démenés afin que la 9e édition du rendez-vous bisannuel soit maintenue – «pour être présents aux côtés des artistes, mais aussi de toutes les autres professions du domaine qui se retrouvent en grande précarité», souligne le président du comité de l’association Label Suisse, Julien Gross.

Et elle aura bien lieu, à Lausanne comme de coutume, du 18 au 20 septembre. L’affiche n’a même rien à envier aux précédentes: sept lieux accueilleront quelque 61 concerts d’artistes montants ou confirmés, originaires de 16 cantons (un passage de frontières moins problématique…). Et le covid n’aura pas eu que des désavantages: les Young Gods, groupe phare de cette édition 2020, auraient dû être en tournée aux Etats-Unis à ces mêmes dates.

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Un cœur plus calme

C’est au niveau de l’accueil du public que Label Suisse, fête traditionnellement gratuite et libre d’accès, a dû revoir sa copie en mode pandémie. En plus des jauges réduites et des foules scindées en blocs de 300 personnes, une inscription préalable sera obligatoire, selon le système déjà employé par certaines boîtes de nuit. Le code QR obtenu (toujours gratuitement) sur le site, scanné à l’entrée de chaque scène, permettra un meilleur traçage.

Si elle reste le cœur battant du festival, la place Centrale perdra donc un peu de son bouillonnement. «Proposer du jazz ou de la Neue Volksmusik devant une foule de 4000 personnes, cela fait partie de l’ADN de notre festival, et c’est un crève-cœur que d’y renoncer», confie Julien Gross. Qui relativise toutefois: «Nous avons pu compter sur le soutien de la ville et du canton, qui nous ont assuré le renouvellement des fonds même en cas d’annulation. Une position plutôt confortable par rapport à d’autres festivals, qui dépendent de la billetterie.»

Pop, jazz et découvertes

Parions tout de même qu’affluence il y aura, au vu de la richesse du programme. Un mélange joyeusement éclectique de pop impertinente (Buvette, La Colère), de rap intimiste (Chien Bleu, La Gale), de jazz envoûtant (Erik Truffaz Quartet, Elina Duni en duo avec le guitariste Rob Luft), de classique surprenant (Cédric Pescia, qui fera à lui seul dialoguer deux pianos sur scène), de Neue Volksmusik, ces revisites de la musique traditionnelle suisse (le Traktorkestar, fidèle de Stephan Eicher, cette fois-ci avec la lauréate du Grand Prix suisse de musique 2020, Erika Stucky), et d’autres découvertes (dont celle du thérémine, un drôle d’instrument qui fête ses 100 ans).

Des afters, gratuits eux aussi, seront proposés au D! Club et au Romandie. Histoire de prolonger la nuit, et de finir d’insuffler à cette fin d’été un semblant de normalité… en musique.


Label Suisse Festival. Divers lieux à Lausanne. Du 18 au 20 septembre. Inscriptions nécessaires sur Labelsuisse.ch.