architecture

Sur l’Acropole, le musée de lumière de Bernard Tschumi

Ce samedi s’inaugure à Athènes, en présence de nombreux chefs d’Etat dont Pascal Couchepin et José Manuel Barroso, le musée qui abrite désormais les plus célèbres vestiges de la Grèce antique.

Les voici donc réunies enfin, chacune spacieusement pour soi sur son socle de marbre, visages étrangement impassibles, celle-ci, tendant ses muscles dans l’effort, celle-là avançant gracieusement la main, cette autre ajustant souplement sa sandale. Ce sont les figures de la Grèce, telle qu’elle appartient au patrimoine de tous. L’architecte lausannois Bernard Tschumi les a mises littéralement en lumiere afin qu’on les regarde au mieux, revêtues d’or, d’orange ou de rose, aux differentes lueurs matinales, sous le soleil de midi ou bien au crepuscule. Et elles, depuis le nouveau Musée de l’Acropole, contemplent à travers les vitrages la colline d’en face et le Parthénon dont furent arrachées les célèbres frises.

Ce samedi, le gouvernement grec, de nombreux chefs d’Etat du monde entier, José Manuel Barroso pour l’Union Europeenne, le conseiller fédéral Pascal Couchepin pour la Suisse, se pressent à Athènes pour participer à l’inauguration solennelle. Evénement considérable pour une Grèce qui s’affirme. Moment politique pour un ministre de la culture aux visées ambitieuses. Devant plus de 400 jornalistes de la presse internationale rassemblés pour une présentation du bâtiment en avant-premiere, Antonis C. Samaras a affirmé: «Nous ne réclamons pas les nombreux chefs-d’oeuvres grecs dispersés dans tant de musées de tant de pays. Mais les marbres du Parthénon, oui. Car il s’agit d’une oeuvre d’art unique, indivisible, brutalement fragmentée.”

Bernard Tschumi a pourtant reconstitué l’ensemble - vrais marbres complétés de moulages - exactement en face du Parthénon qui le portait. «Ne me demandez pas pourquoi j’ai doné à ce musée les proportions que vous voyez: il reprend précisement les dimensions de la frise». Pose sur pilotis pour préserver les fouilles archéologiques du sous-sol, il est traverse de haut en bas par la lumière zénithale et latéralement aussi. Elégant, transparent, il a pris place d’une manière étonnement naturelle et discrète dans la vieille ville.

Avec le nouveau musée, Bernard Tschumi réussit une architecture calme, généreuse, majestueuse. Gratifiante pour la Grèce qui l’a demandée, satisfaisante pour la commande qu’il s’était passée à lui même lorsque, il y a de cela huit ans, lui fut confiée l’écrasante responsabiliteé de construire au pied de l’Acropole.

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