L’actrice américaine Debbie Reynolds, 84 ans, a succombé à une attaque mercredi 28 décembre, quelques heures seulement après le décès mardi de sa fille Carrie Fisher, la célèbre princesse Leia de «Star Wars», des suites d’une crise cardiaque. Le décès a été annoncé par le site people TMZ, relai de plusieurs scoops ces dernières années.

Les services d’urgence ont été appelés peu après 13h (23h en Suisse) au domicile du fils de Debbie Reynolds, Todd Fisher.

Un porte-parole des pompiers de Los Angeles avait indiqué à l’AFP avoir porté secours à une «patiente adulte se trouvant dans un état bon et grave», sans confirmer qu’il s’agissait bien de Debbie Reynolds. Les pompiers ont ensuite transporté la patiente jusqu’à l’hôpital Cedars-Sinai de la métropole californienne, selon la même source.

Bouleversée par la mort de Carrie Fisher

TMZ a indiqué, sans surprise, que l’actrice avait été bouleversée par le décès de sa fille Carrie Fisher, la veille, à seulement 60 ans.

Lire également: Décès de Carrie Fisher, inoubliable princesse de «Star Wars»

Debbie Reynolds avait posté sur Facebook un bref message mardi: «Merci à tous ceux qui ont su embrasser les dons et les talents de ma fille géniale et adorée. Je vous suis reconnaissante pour vos pensées et vos prières, qui vont désormais la guider vers sa prochaine étape», signé: «La maman de Carrie».

Citant des sources familiales anonymes, TMZ assure que Debbie Reynolds s’était rendue au domicile de son fils pour discuter de l’enterrement de Carrie Fisher.

2016, année noire

«Elle voulait être avec Carrie», a déclaré Todd Fisher au site du magazine «Variety». En quelques heures, mère et fille, qui avaient entretenu toute leur vie une relation complexe déstructurée par le show-business, se sont suivies.

Un documentaire sur leurs rapports, «Bright Lights: Starring Carrie Fisher and Debbie Reynolds» a été projeté lors du dernier Festival de Cannes et doit être diffusé en mars sur la chaîne américaine HBO.

Le rôle de sa vie

Si Carrie Fisher incarnait l’un des personnages phares du cinéma moderne, Debbie Reynolds était, elle, l’une des dernières images vivantes de l’âge d’or de Hollywood. Elle a à peine 20 ans, en avril 1952, lorsque sort ce qui reste sans doute, à ce jour, la comédie musicale la plus connue de l’histoire du cinéma.

Le monde y découvre une boule d’énergie de 1,57 m, aux cheveux courts et aux yeux verts, qui interprète Kathy Selden, une jeune femme indépendante aux multiples talents. Ce sera le rôle de sa vie.

«Le personnage me ressemblait beaucoup à l’époque», disait-elle dans un entretien à l’American Film Institue (AFI). «Je n’avais pas peur. J’ai foncé», se souvenait-elle. «Je n’avais jamais dansé. Donc danser avec Gene Kelly et Donald O’Connor en trois mois [de préparation], tout le monde aurait dû renoncer. Mais je me suis dit: allons-y.»

Nomination aux Oscars

Née le 1er avril 1932 à El Paso (Texas), Mary Frances Reynolds, de son vrai nom, avait déjà été repérée, à 16 ans, par le grand studio MGM après avoir remporté un concours de beauté en Californie.

Après «Chantons sous la pluie», elle tournera dans plusieurs comédies musicales, dont «La Reine du Colorado», qui lui vaudra une nomination aux Oscars en 1965.

En 1955, elle épouse le chanteur et acteur à succès Eddie Fisher, avec qui elle aura ses deux enfants, Carrie et Todd. Mais le couple divorcera dès 1959, désintégré par la liaison d’Eddie Fisher avec l’actrice Elizabeth Taylor, qui était la meilleure amie de Debbie Reynolds.

Suivront deux autres mariages, qui se concluront également par des divorces. Au passage, son deuxième mari, Harry Karl, dilapidera l’essentiel de la fortune de sa femme. Debbie Reynolds plaisantait régulièrement sur sa malchance en amour. Pour subvenir aux besoins de ses enfants, l’actrice se produira ensuite à Las Vegas, où elle aura même son propre casino.

La suite de sa carrière au cinéma est devenue anecdotique dès les années 70, mais elle continuait à faire des apparitions régulières à la télévision, notamment dans la série «Will et Grace».