Actrice britannique à la beauté classique, Jean Simmons, décédée à 80 ans, fut une inoubliable Ophélie dans le «Hamlet» de Laurence Olivier en 1948 avant de devenir une star du studio hollywoodien 20th Century Fox et de tourner avec Preminger, Mankiewicz ou Kubrick.

Disparue à Santa Monica des suites d’un cancer du poumon, elle avait obtenu deux nominations aux Oscars et atteint le sommet de sa popularité dans les années 1950 et 1960.

«Toute ma carrière n’a été qu’une série de surprises. Je n’avais jamais pris de cours d’art dramatique et j’ai tout appris en même temps que je jouais. On n’en finit jamais d’apprendre», confiait-elle en 1993 à l’AFP, en marge de l’hommage qui lui était rendu au Festival du film romantique de Cabourg (ouest de la France).

«J’ai toujours aimé avoir des rôles de méchante, ce qui n’est pas vraiment ma nature», disait-elle.

Née le 31 janvier 1929 à Londres, quatrième enfant d’une famille bourgeoise, Jean-Marilyn Simmons a débuté sa carrière à 15 ans dans «Give us the moon» (1944) avant d’être remarquée pour un petit rôle dans «Le chemin des étoiles» d’Anthony Asquith.

Danseuse puis actrice, elle s’impose dans le personnage d’Estella dans «Les grandes espérances» (1946) de David Lean, avant d’être choisie par Laurence Olivier pour incarner l’Ophélie de son «Hamlet», un rôle qui lui vaut un prix d’interprétation au Festival de Venise et une célébrité mondiale.

Malgré un début de carrière prometteur en Grande-Bretagne à la fin des années 1940 -- avec «Le Lagon bleu» Frank Launder, «La Cage d’or» de Basil Dearden, «La Fille aux papillons» de Ralph Thomas -- elle quitte le prestigieux studio de la Rank.

En 1950, mariée avec le comédien Stewart Granger, Jean Simmons s’installe à Hollywood où son talent et sa grâce juvénile -- ses airs angéliques masquent néanmoins des desseins meurtriers dans «Un si doux visage» d’Otto Preminger (1952) avec Robert Mitchum -- font d’elle l’une des stars de la 20th Century Fox.

Sa beauté classique lui vaut des rôles d’héroïnes antiques dans «Androclès et le lion» de Chester Erskine, «La Tunique» d’Henry Koster, «L’Égyptien» de Michael Curtiz. Elle est surtout l’émouvante compagne de «Spartacus» dans le film de Stanley Kubrick.

Engagée sur des superproductions historiques en costumes, Jean Simmons est à l’affiche de «La Reine vierge» de George Sidney ou encore «Désirée» Henry Koster où elle donne la réplique à un Napoléon incarné par Marlon Brando.

On la retrouve sous les traits d’une adolescente qui s’entête à devenir comédienne dans «The actress» de George Cukor, d’une adepte de l’Armée du salut dans «Blanches colombes et vilains messieurs» (1955) de Joseph L. Mankiewicz.

Elle épouse le réalisateur Richard Brooks en 1960 qui fait d’elle une fascinante évangéliste dans «Elmer Gantry, le charlatan» (1960) avec Burt Lancaster puis une épouse malheureuse dans «The happy ending» (1969).

Nommée à l’Oscar de la meilleure actrice pour ce film comme pour «Hamlet» à ses débuts, le trophée lui échappe une deuxième fois dans une carrière qui compte une cinquantaine de longs métrages.

A partir de 1970, Jean Simmons se fait rare au grand écran, mais elle joue dans «Dominique, les yeux de l’épouvante» de Michael Anderson (1978).

A la télévision où elle a travaillé dans une trentaine de séries, elle est la gouvernante dans «Heidi» et décroche un Emmy Award en 1983 grâce au feuilleton «Les oiseaux se cachent pour mourir».

Jean Simmons a eu deux enfants, l’un avec Stewart Granger, l’autre de Richard Brooks, dont elle a divorcé en 1977.