Polémique

L’adaptation de «Sonic» au cinéma réveille une horde de fans en colère

Depuis la sortie de la bande-annonce de «Sonic, le film», dont le titre laisse déjà entrevoir le pire, les fans expriment leur mécontentement par milliers. Le réalisateur a apaisé les esprits en annonçant un ravalement de façade pour Sonic avant la sortie du film

Alors que Avengers: Endgame devient l’un des plus gros succès de l’histoire du cinéma et que la saison 8 de Game of Thrones bat des records d’audience, les amateurs de pop culture pensaient se ruer sur l’adaptation sur grand écran du jeu vidéo Sonic, prévue pour novembre. Avant que la bande-annonce, sortie le 30 avril, ne démolisse tous leurs espoirs.

L’iconique mascotte de la marque de jeux vidéo Sega a droit à son adaptation cinématographique, comme Pikachu cette semaine ou Super Mario Bros en 1993, devenu culte par son ridicule. Transposer des succès du dixième au septième art est rarement une bonne idée et provoque souvent des réactions musclées. Sonic, le film, entre animation et prises de vues réelles, n’échappe pas à la règle.

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Le pitch: Sonic est poursuivi par le gouvernement américain, persuadé que le hérisson bleu constitue une menace, comme environ tout ce qui entre sur son territoire. Le héros s’associe à Tom Wachowski, shérif d’une petite bourgade, pour «sauver la planète», lutter contre le méchant Dr Robotnik et récupérer ses fameux anneaux dorés. L’implication du Pentagone et d’un allié hébété (interprété par James Marsden, vu dans la série Westworld) est déjà un indice du naufrage attendu.

Moustaches, dents et teintes de bleu

Sur les réseaux sociaux, les fans n’ont pas attendu plus d’une minute avant de se déchaîner contre le film. Le méchant, tout de même incarné par Jim Carrey, est critiqué pour sa moustache devenue noire et petite, contre rousse et imposante dans les jeux vidéo, mais aussi pour sa minceur. Le personnage «vidéoludique» était effectivement plus gros, ce qui lui valait le surnom de Eggman.

La musique est également pointée du doigt comme étant totalement décalée. Il est vrai qu’intégrer le tube Gangsta’s Paradise, lorsque les jeux vidéo eux-mêmes regorgent de thèmes devenus iconiques et bien plus adaptés à une bande originale, semble absurde.

Mais ce qui a surtout déclenché la colère des gamers, c’est l’apparence même du héros bleu, aux antipodes des graphismes originels. Affublé de dents pour le moins étranges, doté d’une paire d’yeux bien trop petite, et éclairci pour passer d’un bleu roi à des teintes bien plus fades, Sonic ressemble à tout sauf à lui-même. A force de vouloir en faire un personnage anthropomorphique, il semblerait que la production ait simplement mis au point une créature à la limite de l’effrayant. Ni tout à fait peluche ni tout à fait humain, Sonic semble également perdre son air malicieux ainsi que son panache.

La déception est si grande pour les fans que certains d’entre eux se sont même amusés à redessiner le héros fétiche de Sega. Ils ont alors dévoilé leurs créations sur les réseaux sociaux, engendrant de nombreux soutiens.

Mea culpa et crainte du «crunch»

Les réactions sont telles que le réalisateur, Jeff Fowler, a décidé de rétropédaler, promettant que les studios allaient mettre tous les moyens en œuvre pour proposer une nouvelle version de Sonic pour la sortie du film, prévue le 8 novembre aux Etats-Unis. Il s’est exprimé dès le 3 mai sur Twitter, avec un mea culpa surprise.

Si beaucoup d’internautes se sont réjouis de ce retournement de situation, d’autres ont mis en garde contre les dérives et dangers de cette décision, notamment pour les équipes de production, qui vont devoir redoubler d’efforts pour boucler un nouveau design d’ici à novembre. Cela pourrait alors impliquer une période de crunch, une pratique notamment utilisée dans le domaine des jeux vidéo qui désigne une phase intensive de travail avant le rendu d’une production.

Toute cette polémique lance de nouveau le débat sur la puissance et l’influence des fans sur la production d’objets culturels. Les créateurs doivent-ils se plier à leurs volontés, quitte à mettre leur singularité artistique de côté? Dans ce cas précis, le naufrage annoncé est tellement grand que les fans peuvent se féliciter d’avoir fait souffler le vent du changement.

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