Cinéma

«L’adieu à la nuit»: la grand-mère et le djihadiste

André Téchiné observe le désarroi d’une femme découvrant que son petit-fils s’est radicalisé dans un film poignant

Le haras est un décor que l’audiovisuel français apprécie pour y situer une histoire criminelle ou sentimentale. C’est en terrain connu que commence L’adieu à la nuit. Muriel (Catherine Deneuve, pour la huitième fois chez Téchiné) s’occupe de chevaux dans le Sud-Ouest et c’est avec joie qu’elle accueille Alex (Kacey Mottet Klein), son petit-fils. Le jeune homme n’est guère aimable, mais l’amour de la grand-mère n’achoppe pas sur cette maussaderie. En revanche, Muriel tique lorsqu’elle découvre Alex prosterné sur son tapis de prière…

Plein de colère et radicalisé jusqu’à l’os, Alex tourne le dos à sa famille, à ses origines pour nourrir un rêve mortifère de djihad. Avec Lila, sa future femme, il s’apprête à rallier les combattants de Daech. Que peut faire une grand-mère qui n’a que l’amour à opposer à cette rage dévastatrice aussi aveugle que celle du sanglier ravageant nuitamment le verger?