Cette bande-là avait, en 1996, séduit avec Jaune Piano, une collaboration entre le Théâtre du Loup et le compositeur Jacques Demierre. L'année suivante, elle avait conquis le public avec un Bourgeois gentilhomme plein de saveurs et de jeunesse. Il faut dire qu'alors, ces comédiens en herbe avaient 10 ou 12 ans. Aujourd'hui, ils font toujours du théâtre au Loup, mais c'est pour parler plus directement d'eux. Emois, émois, émois, qu'ils ont monté avec Rossella Riccaboni, Dominic Noble et Perrette Gonet, parle de l'adolescence. Ils sont 17 sur scène, y compris le jeune musicien Simon Aeschiman qui a donné au spectacle l'environnement sonore essentiel à une représentation de l'adolescence.

Cela commence la nuit, dans les rêves d'une fillette. Puis, parce que, pas plus à l'adolescence qu'aux autres âges de la vie, Adrien ne ressemble à Fabrice ou Tarama à Pauline, les scènes juxtaposent et mêlent tour à tour la vie de ces jeunes aux looks variés: celui qui assume le pull tricoté par la grand-mère au trio de copines aux idées noires qui brûle les Barbie.

Avec tout ce monde, on fera le tour du cadran. On croisera l'anorexie et les menaces de suicide au déjeuner, les difficultés à saisir les insaisissables lois de l'amour et la construction de l'identité (notamment sexuelle), devant le miroir de la salle de bain, dans les papotages de cafétérias ou à la fin d'une soirée un peu glauque. Du côté du public, on s'émeut, on sourit, on apprécie la justesse de ton, le rythme: que de choses dites, d'émotions qui passent en si peu de temps! On se reconnaît, on se souvient… Oui, vraiment les petits du Loup ont bien grandi!

«Emois, émois, émois… un conte moderne».

Théâtre du Loup, Gravière 10, tél. 022/301 31 00. Aujourd'hui

à 19 h, ve 30 et sa 31 à 20 h 30, di 1er avril à 17 h.