Cela aurait pu être un heureux final, comme à la fin d’une pièce, quand tout paraît consommé, désespéré, et qu’un magistral coup de théâtre retourne la situation d’un seul coup, faisant voir en blanc ce qu’on voyait jusque-là en noir. Mais l’acquittement de Pierre Maudet par la Chambre d’appel de Genève n’a pas produit le soulagement escompté. Il a laissé une impression de flou et de malaise qui n’est au fond pas plus agréable que le sentiment de déréliction qu’on ressent lorsqu’un homme d’Etat est pris la main dans le sac. Une sidération, qui inquiète plus qu’elle ne rassure, quoi que certains en disent. Certes, pas trace d’une volonté expresse de corrompre (chez les cheikhs) ni d’être corrompu (chez le politicien genevois). Seulement un immense malentendu? Plutôt une bonne dose d’indélicatesses et d’ambiguïtés restées tapies dans le for intérieur des intéressés, dont eux seuls ont les clés.