Sur la quatrième de couverture de L’Affaire Nobel, une phrase pour attirer le lecteur: «Vous ne verrez plus jamais le Nobel de littérature comme avant.» Pour une fois, l’argument est on ne peut plus vrai. En lisant l’enquête du journaliste Olivier Truc sur le scandale qui, en 2017, a secoué l’Académie suédoise – l’institution chargée, par la Fondation Nobel, de décerner chaque année le prix littéraire le plus prestigieux et le plus doté du monde (900 000 euros environ) –, on prend la mesure du silence qui entoure habituellement le fonctionnement de l’institution. Une discrétion nécessaire pour permettre aux 18 membres de travailler sans pression? Ou une opacité qui explique en partie les proportions prises par la crise, sa violence et sa durée?

Lire aussi l'opinion: La mélancolie des Nobel