Interroger la puissance évocatrice des religions, superstitions et mythes du continent africain. C’est ce que se propose de faire l’exposition Croyances, faire et défaire l’invisible que l’Institut des cultures d’islam, à Paris, présente jusqu’au 27 juillet. Une exposition – à découvrir de manière virtuelle en attendant la réouverture du musée – à travers laquelle la commissaire Jeanne Mercier se penche sur les nombreux stéréotypes qui sont encore trop souvent associés à l’Afrique.

D’une salle à l’autre, on peut se pencher sur le travail de 16 photographes et vidéastes – de générations et de nationalités diverses – questionnant la question du «croire». «Ces artistes, explique Jeanne Mercier, explorent la poésie intrinsèque aux croyances personnelles et collectives.» Ils s’intéressent notamment à l’évolution contemporaine de croyances ancestrales – culte vaudou au Bénin, sorcellerie au Maroc, soufisme en Algérie, «églises de réveil» en RDC. Tout en se penchant également sur l’autorité qu’incarnent les trois grandes religions monothéistes.

Jumeaux, entre bénédiction et malédiction

Dans leur série Land of Ibeji (2018), les photographes belges Sanne De Wilde et Bénédicte Kurzen se penchent sur la question de la gémellité au Nigeria. L’Afrique connaît le plus haut taux de gémellité du monde. Mais si les jumeaux sont parfois vus comme une bénédiction, ils sont aussi parfois perçus comme une malédiction, avec l’idée que l’un d’entre eux n’appartient pas au monde terrestre et doit être renvoyé dans le monde des esprits. Ailleurs, ce sont des transes collectives qui sont montrées et interrogées. En ces temps de confinement, on en perçoit autrement la symbolique.

«Croyances, faire et défaire l’invisible», Institut des cultures d’islam, Paris. Visite virtuelle sur le site du musée.


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