De Mathieu Amalric, on pense d’abord à ces yeux gloutons, qui semblent gober le monde. Preuve que l’expressivité n’est pas proportionnelle à la surface des miroirs de l’âme: le regard de l’acteur français peut se révéler glacial, malgré la grandeur enfantine de ses mirettes.

Ce trait le sert dans Le Bureau des légendes. Dans la saison 5 récemment achevée, JJA, son personnage, a commencé par prendre le pouvoir au sein du Bureau, ce à quoi il aspirait depuis son arrivée dans la structure, comme contrôleur des actes de l’équipe précédente. Le comédien excelle dans la peau de ce protagoniste torve et sévère, surtout désireux de liquider tout ce qu’a fait Marie-Jeanne, la cheffe d’après Duflot. Dans cet univers de l’ambiguïté permanente, de la tactique omniprésente, Mathieu Amalric impose JJA en apparent rouleau compresseur autoritaire qui veut faire table rase des précédentes opérations, tout en sachant affiner ses manœuvres.