Chronique

L’AJAR introduit la fake news dans le Temps

Dès ce samedi, le collectif d’auteurs tient chronique dans le magazine «T»

Betty Bossi libérée après cinquante ans de séquestration. La nouvelle, improbable, sera pourtant relayée par Le Temps ce samedi. Grâce, ou à cause de l’AJAR. Le collectif de jeunes auteurs romands tient désormais une chronique dans le magazine T. «C’est un exercice intéressant, pour nous qui aimons écrire sous contrainte. Les délais sont courts et la structure doit rester la même d’une parution à l’autre», soulignent trois des membres comme un seul homme. Le groupe de vingt écrivains, onze filles pour neuf garçons de 25 à 35 ans, compose toujours en bloc.

Si le premier roman Vivre près des Tilleuls (Flammarion) a été écrit à 36 mains (ils étaient dix-huit à l’époque), les chroniques du T sont rédigées par trois ou quatre personnes, sur huit participants. D’une fois à l’autre, les équipes et les méthodes changent; chacun intervient sur le premier jet libellé ou ajoute une suite aux paragraphes précédents. Seule constante: l’idée de la fake news.

Parodier le journalisme

Dans chaque édition, c’est une fausse nouvelle qui est livrée à nos lecteurs, truffée d’éléments vrais. Le style, lui, parodie gentiment celui du journaliste lambda. «Nous voulions rester en lien avec le monde de la presse. On demande à un écrivain de mentir, d’inventer alors que c’est interdit pour un journaliste. L’intérêt pour nous est de faire les deux, en mêlant des éléments de réel avec de la fiction. Cela permet, aussi, d’être un peu outrageux», se réjouissent les auteurs.

Et parmi les autres actualités du collectif, la parution des Tilleuls en allemand, accompagnée de multiples performances, une nomination au Roman des Romands, la préparation d’un nouveau livre, une écriture musicale, etc.

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