S’il est un pianiste qui symbolise l’introspection, loin de toute démonstration pyrotechnique, c’est bien Nicholas Angelich. L’Américain était accompagné par un jeune chef britannique, Nicholas Collon, et l’Aurora Orchestra de Londres, vendredi soir à la splendide église de Saanen, dans le cadre des Sommets Musicaux de Gstaad. Il jouait le 24e Concerto de Mozart, probablement le plus sombre et tourmenté de tous (avec le fameux 20e Concerto en ré mineur), dégageant une mélancolie en résonance avec sa personnalité.

De bout en bout, Angelich développe une sonorité ronde, chantante, aux antipodes d’un jeu perlé mièvre ou d’une articulation plus sèche favorisée par certains pianistes qui cherchent à imiter le pianoforte d’époque. Les phrases dégagent un galbe et une couleur vocale propres à la musique de Mozart. Mais le courant ne passe pas tout à fait avec l’orchestre; le dialogue paraît mou et insuffisant. C’est comme si le soliste et le chef se cherchaient pour forger un équilibre idéal.