La Mostra do redescobrimento est sans doute l'une des plus grandes expositions d'œuvres d'art de tous les temps, avec plus de 50 000 m2 et plus de 40 millions de francs dépensés, auxquels il faut ajouter au moins la même somme pour sa présentation dans le monde entier (certaines sections viendront en Angleterre, au Portugal et en France). L'étonnement, pour un Européen habitué aux institutions et aux financements publics, c'est que le budget de cette énorme manifestation, destinée à célébrer l'identité d'une nation, est assumé pour sa partie brésilienne à plus de 95% par des entreprises privées.

L'Association qui l'organise est présidée par Edemar Cid Ferreira, un banquier de 57 ans, amateur d'art, qui est aussi l'homme d'influence au sein de la Fondation Biennale de São Paulo (lire ci-contre). Et qui sait convaincre les chefs d'entreprise d'attacher leur image à celle de la culture «et à celle du pays».

Pour constituer ce financement, les organisateurs ont «vendu» chacune des treize sections de l'exposition à une entreprise. Nelson Aguilar, son commissaire général, assure que ces entreprises ne sont jamais intervenues dans l'orientation de la manifestation: «Nous leur avons présenté le projet, et elles ont seulement pu choisir la section qu'elles voulaient soutenir. Elles n'entrent pas dans la cuisine», nous a-t-il affirmé. L'Etat a donc apporté une contribution financière minime, même si Nelson Aguilar avoue que son adhésion de principe, et les prêts des musées, ont contribué à convaincre les entreprises sollicitées.