La création de cette fondation destinée à soutenir les artistes de Suisse romande est née de la volonté d'une personne, artiste elle-même: Irène Reymond (1902-1998). Elle avait fait ses classes artistiques à Paris, auprès notamment d'André Lhote à l'académie de la Grande Chaumière. Elle a pu vivre, modestement, de son art. Mais a hérité d'un père qui possédait une usine de pierres fines à Lucens. Elle n'était que la neuvième enfant d'une coterie de dix. Mais «le rayon de soleil», disait son père.

Un rayonnement qui confine au dévouement. En 1984, de son vivant, à 82 ans, elle lègue tous ses biens pour créer cette fondation de soutien. Elle aurait pu en profiter pour adoucir son quotidien. Elle ne demandera qu'une situation de viager pour subsister. Grâce à une bonne gestion, son fonds - un immeuble à Lucens et des papiers valeurs - permet d'accorder 45000 francs de prix par an. Ce fonds est entouré d'autres bonnes âmes, dont son président: Léopold Veuve. Et de son épouse, la cinéaste Jacqueline Veuve, nièce d'Irène Reymond. Elle lui rend du reste hommage dans un petit court-métrage, inséré en DVD dans le catalogue de l'exposition et diffusé dans le cadre de celle-ci.