Livres

L’amour courtois revisité dans le Londres d’aujourd’hui

Imbibée de gin tonic, une subtile remise en question du roman réaliste par la brillante Kirsty Gunn

Son titre et les joyeux cocktails de la couverture semblent désigner Le Bikini de Caroline comme un de ces ouvrages dits de plage qui éclosent à cette saison. Il y aura bien un bikini – apparition tardive et cathartique – qui connaîtra un sort surprenant, et des cocktails en nombre. Mais le sous-titre indique qu’il s’agit d’Un roman agencé avec une introduction et de la documentation supplémentaire (quand même presque 100 pages facultatives de matériaux historiques ou contextuels!). Et Kirsty Gunn, dont Christian Bourgois a déjà publié sept livres, est rompue aux jeux les plus subtils de la fiction. Dans La Grande Musique (2014), à la fois essai sur la tradition de la cornemuse en Ecosse et somptueuse histoire d’une dynastie de musiciens, un patriarche cherchait la «note juste» à transmettre à ses descendants.

Dans Le Bikini de Caroline, Emily Stuart aussi cherche le ton approprié. C’est une tâche difficile: elle est chargée de mettre en mots, de faire exister par la plume, en fait, l’histoire d’amour non réciproque que lui confie son ami d’enfance, Evan Gordonstone.