Brigitte Giraud. L'amour est très surestimé. Stock.

Bijou sombre habillé d'anthracite, ce petit roman est à déguster. «La fin de l'histoire», «Les objets», ou «Le temps a passé» - tels sont les titres des courts chapitres - à prendre comme des nouvelles, si vous voulez. Chacun conte l'absence. Celle de l'aimé, celle de l'amant, celle de l'amour. Autant de facettes taillées avec précision et sobriété.

La langue juste et belle dit la femme qui reste, celle qui aimerait partir, ou la veuve qui attend. La petite fille qui observe est là aussi, et ce regard féminin est bien le fil conducteur de l'histoire; les phrases simples et percutantes rendent toute la subtilité des situations définitives. S'inspirant même, parfois, de l'actualité apparemment «people», Brigitte Giraud touche d'un doigt délicat le cœur des choses. L'émotion vous montera parfois aux yeux et vous reconnaîtrez sûrement quelqu'un au tournant de quelque page. Née en 1960 en Algérie, Brigitte Giraud est l'auteure de cinq autres livres.