Genre: Récit
Qui ? Maryline Desbiolles
Titre: Lampedusa
L’Ecole des loisirs, 78 p.

Maryline Desbiolles est une observatrice fine du monde qui l’entoure. Elle possède, de plus, ses propres lunettes qui lui font voir, sous un jour inattendu pour ses lecteurs, des réalités qui semblent bien connues. Elles prennent sous sa plume un tour cocasse, doux-amer, tragique parfois. Elle possède ce talent secret des écrivains qui est celui de nous faire voir le monde autrement.

Ce talent, Maryline Desbiolles l’a déjà exercé souvent. Sur la famille, les repas, l’habitat, elle tisse ses toiles littéraires qui font scintiller le sens des choses. Il n’y a pas longtemps, elle s’est penchée sur Zouc. Et elle a tiré le portrait de la merveilleuse actrice comique, aujourd’hui retirée, dans Une Femme drôle (L’Olivier, 2010). Plus récemment encore, au début de cette année, elle s’est installée au bord d’une route pour nous raconter ses méandres, son histoire, ses conséquences: c’était Dans la route (Seuil).

Et voici que paraît un petit livre d’elle nommé Lampedusa. Ici, une petite fille se réjouit des vacances en Italie. Une île au nom merveilleux, au sud de la Sicile, est au programme. Mais voilà soudain que la belle perspective des vacances s’effondre. Un deuil frappe la famille. On ne partira pas cet été-là. Pire, il faut déménager. La campagne aimée s’éloigne. Le monde de l’enfant se délite. Mais elle va rencontrer, de nouveau, «Lampedusa» sur son chemin. En la personne d’une petite fille immigrée, Africaine très étrange, dont on saura qu’elle est la rescapée d’un naufrage survenu non loin de l’île. L’histoire est simple et dit, en creux, comment on grandit. Elle est servie par des images poétiques, dépouillées, qui touchent à l’essentiel, qui émeuvent profondément. C’est un livre destiné aux adolescents, mais on l’oublie complètement en le lisant.