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«La langue de Musset se révèle dans un écrin quotidien»

Un scooter à terre, une mini en travers de la chaussée. Les deux véhicules viennent de se heurter comme se heurtent leurs deux propriétaires. «Vous ne pouvez ni aimer ni haïr. Vous êtes comme les roses de Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum», lance à la conductrice un jeune homme en colère. C’est toujours du Musset, mais dans un écrin contemporain. Ce téléfilm, Les Caprices de Marianne, est à voir ce soir et demain après-midi sur TSR1.

Un scooter à terre, une mini en travers de la chaussée. Les deux véhicules viennent de se heurter comme se heurtent leurs deux propriétaires. «Vous ne pouvez ni aimer ni haïr. Vous êtes comme les roses de Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum», lance à la conductrice un jeune homme en colère. C’est toujours du Musset, mais dans un écrin contemporain. Ce téléfilm, Les Caprices de Marianne, est à voir ce soir et demain après-midi sur TSR1.

Le Temps: Pourquoi un téléfilm théâtral plutôt qu’une simple captation de cette pièce mise en scène par Jean Liermier en avril dernier?

Elena Hazanov: Pour l’énergie. Quand un spectacle se joue en salle, une magie passe entre la scène et le public qu’une captation ne peut pas restituer. En transposant la pièce dans les rues de Carouge ou de Genève avec des actions du quotidien, on retrouve cette fraîcheur. Ce concept, je l’ai découvert en Pologne où il fait des records d’audience. C’est une manière dynamique d’amener le théâtre classique sur le petit écran.

– La langue XIXe de Musset résiste à ce traitement?

– Non seulement elle résiste, mais elle se révèle! Quand Coelio, l’amoureux malheureux, parle de suicide en haut du pont Butin, 20 mètres au-dessus du Rhône, on y croit vraiment! Idem pour Marianne qui s’enhardit au fil du drame. On a situé la scène de ses aveux amoureux dans une discothèque pour que la comédienne soit obligée de hurler sur la musique. Ainsi l’implication physique, organique est évidente.

Cela dit, au fil des douze jours de tournage, on a veillé à bannir toutes les actions qui étouffaient ou banalisaient le texte. L’action est soutenue, l’univers plutôt trash, mais on reste dans le drame.

– A part à la télévision, y aura-t-il d’autres occasions de découvrir ce film?

– Oui, au Théâtre de Carouge, lors de la reprise de cette pièce en mai prochain. Et, j’espère, dans les écoles. Car, comme le film L’Esquive a popularisé la langue de Marivaux, cette réalisation souligne l’universalité du propos de Musset. Le tiraillement entre idéalisme et libertinage reste très actuel. Propos recueillis par

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