Rétrospective

L’année 2017 en photographie: le documentaire en vedette

En exposition comme en édition, la photographie documentaire à forte subjectivité ajoutée s'est démarquée en 2017

Par leur ampleur, les Rencontres d’Arles, évidemment, peuvent donner le ton d’une année photographique. Cette dernière édition fut très tournée vers la photographie documentaire. Entre les prospections urbaines de Michael Wolf, l’enquête de Mathieu Asselin sur Monsanto ou la famille Gorgan suivie sur plusieurs générations par Mathieu Pernot, c’est la réalité qui a été mise à l’honneur.

Plus près de chez nous, le deuxième Prix Elysée a été décerné fin juin à Matthias Bruggmann pour son travail en cours sur la Syrie. Une surprise sachant que le photojournalisme n’est pas la priorité du musée. Au reportage «classique» dans un pays en guerre, Bruggmann ajoute les images reçues ou réalisées par les combattants: bambins gardés loin du front, selfie au milieu des ruines… Manière subtile d’interroger la complexité de la guerre et le gris des différents camps.

Le photojournalisme à la peine

Paradoxalement, alors que la photographie documentaire pénètre toujours plus les festivals, galeries et musées, le photojournalisme peine à trouver des débouchés dans une presse en panne de revenus. De nouvelles agences voient pourtant le jour. Maps a fait son apparition en septembre dernier avec dans le groupe cinq anciens de l’agence VU et plusieurs Romands, dont Christian Lutz et Mathieu Gafsou. A la fin de l’année passée, c’est lundi13 qui émergeait dans la région.

Lire aussi: Christian Lutz, photographe concerné

Oscillant entre photojournalisme pur et approche très plasticienne, la photographie documentaire continue à se réinventer.


Trois livres à retenir:

«Welcome to Camp America», Debi Cornwall, en anglais et arabe, Radius Book.

Debi Cornwall a plaqué son métier d’avocate pour livrer une vision inédite de la prison américaine à Cuba, entre magasin de souvenirs, lit en béton et place de jeu. Glaçant.

«Monsanto: une enquête photographique», Mathieu Asselin, Actes Sud.

Du Vietnam aux Etats-Unis, le Français Mathieu Asselin enquête autant sur les ravages du géant de l’agrochimie que sur ses stratégies de communication. Prix du livre Paris Photo.

«Looking for Lenin», Niels Ackermann et Sébastien Gobert, Editions Noir sur Blanc.

Niels Ackermann et Sébastien Gobert publient leur inventaire des statues de l’ex-dirigeant soviétique déboulonnées à travers l’Ukraine. Fascinant.

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