Rétrospective

L’année 2018 en musique classique: des anniversaires à foison

Centenaire de l'OSR, 25e anniversaire du festival de Verbier, 60 ans de l’agence Cæcilia à Genève... Retour sur les nombreuses célébrations qui ont marqué ces douze derniers mois

En classique, l’année 2018 se sera jouée autour des bougies d’anniversaire. Outre les 100 ans de la naissance de Bernstein ou ceux de la mort de Debussy, ardemment fêtés dans les revues et radios spécialisées ou dans les programmes de certains orchestres et maisons d’opéra, un autre centenaire a particulièrement occupé la Suisse: celui de la création de l’OSR par Ernest Ansermet. Une semaine commémorative chargée, des publications et nombre d’événements ont entouré le jour clé du 30 novembre, qui marquera longtemps les mémoires d’un «premier siècle» tendu vers le suivant.

Sur les hauteurs cette fois, on aura aussi soufflé les flammes d’une date d’importance. Les 25 ans du festival de Verbier se sont déroulés dans une forme d’ivresse du souvenir et de feu de la jeunesse. Un nombre considérable d’artistes prestigieux, fidèles des premières heures ou plus tardifs, ont répondu présent à l’appel. Et les jeunes musiciens ont pris le relais avec une ferveur inaltérable.

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Les bords du Léman, côté français, auront eux aussi scintillé pour le quart de siècle de la Grange au Lac. La construction de la salle de concert fut lancée par l’immense Mstislav Rostropovitch en 1993 à Evian. Murs de bois, bouleaux entiers sous de grands lustres de cristal: le lieu reste magique. Les deux jeunes directeurs qui ont repris en main le destin des Rencontres musicales ont sorti de jolis cadeaux pour célébrer l’événement. L’historique festival d’été s’est adjoint un rendez-vous de jazz en hiver l’an passé. Cette saison, un orchestre a été créé pour l’occasion: le Sinfonia Grange au Lac. Et avec le printemps qui possède dorénavant une programmation dédiée au piano, l’automne se consacre à la voix. Sans compter une collaboration sur toute la saison évianaise avec l’Orchestre des Pays de Savoie et la Maison des Arts du Léman.

Entre les 100 et les 25 ans, il y a aussi eu les 60 ans de l’agence Cæcilia. Une formidable longévité qui vaut à la Cité de Calvin de s’inscrire dans les grandes capitales musicales, avec les prestigieux artistes proposés par le duo de directeurs, Pedro Kranz et Steve Roger. Outre les pianistes stars régulièrement programmés, les grands orchestres invités en tournée font eux aussi beaucoup pour la renommée classique genevoise. Cette sixième décennie aura été enluminée par de royales venues, comme celles de Murray Perahia, Grigory Sokolov, Daniel Barenboim, Martha Argerich, Stephen Kovacevich ou Maurizio Pollini au clavier. L’Orchestre du Théâtre Mariinski de Valery Gergiev, le Philharmonia londonien d’Esa-Pekka Salonen et le Philharmonique de Saint-Pétersbourg de Yuri Temirkanov composent une riche palette de phalanges internationales de passage avec leurs chefs.

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Du côté des personnalités fêtées, Michael Jarrell aura de son côté eu son heure de gloire pour ses 60 ans aussi. Un concert dans sa ville, c’était le moins qu’on puisse faire à Genève. Mais la création mondiale de son deuxième opéra, Bérénice, n’a pas manqué de panache, avec les honneurs de la grande scène lyrique parisienne de Bastille, dans une magnifique mise en scène de Claus Guth.

Autant de raisons de fêter au présent les glorieuses années classiques, avant d’envisager le futur avec optimisme et énergie.


Notre rétrospective 2018 de l'actualité photographique: Une exposition majeure à Genève


L’enfance du violon à Genève

Pour la première fois depuis sa création il y a trente-cinq ans par le grand violoniste Yehudi Menuhin, le concours itinérant qui porte son nom s’est installé à Genève pour une édition. Cette année exceptionnelle au niveau de la fréquentation l’a aussi été par le nombre de concurrents en finale (6) et la jeunesse des deux premiers prix junior ex æquo: 10 ans (Christian Li) et 11 ans (Chloe Chua). Un cru étonnant.

«Carmen» et #MeToo

Une interprétation audacieuse de l’opéra de Bizet a fait polémique à Florence. Au lieu de mourir, la belle cigarière tue Don José d’un coup de revolver, en pleine légitime défense. En voulant dénoncer les violences faites aux femmes et en refusant l’idée qu’on puisse applaudir au meurtre d’une d’entre elles, le metteur en scène Leo Muscato a changé la fin de l’œuvre. Il a essuyé les foudres du public et de la presse. Quant au mouvement #MeToo, il n’aura pas épargné le monde classique, avec des accusations touchant divers chefs ou enseignants plus ou moins médiatisés, plus ou moins révélés publiquement, mais écartés de certains orchestres ou écoles.

L'année 2018 en photo: une exposition majeure à Genève

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