Dans le petit monde des séries, 2020 a été, là aussi, une année particulière. Puisque les cinémas et autres lieux de culture collective ont été fermés une grande partie de l’année, les regards se sont tournés, sans cesse, sur les feuilletons. En sus, de nouveaux canaux ont été ouverts, Disney+ au premier rang, mais aussi les plateformes publiques comme TV5Monde Plus et Play Suisse.

Pourtant, sur le seul plan de la qualité, l’année 2020 paraît tout à fait normale. De grandes choses, certes, mais rien qui ne dépasse réellement ou s’impose, comme ce fut le cas de Chernobyl en 2019.

Quoi qu’il en soit, voici notre sélection d’excellentes séries de la cuvée 2020. Il s’agit de séries découvertes en 2020, même si elles sont légèrement antérieures: nous ne traitons pas dans ce cadre de nouvelles saisons de séries établies.


«The Comey Rule», de Billy Ray (Canal+)

Une minisérie basée sur les mémoires de James Comey, directeur du FBI nommé par Barack Obama et licencié par Donald Trump, qui avait tenu à rendre publiques les enquêtes sur les mails d’Hillary Clinton et l’ingérence russe. Magistral.

«The Comey Rule», au cœur de la poisseuse élection américaine de 2016


«Unorthodox», d’Anna Winger et Alexa Karolinski (Netflix)

Le récit autobiographique de Deborah Feldman, qui a quitté sa communauté hassidique de New York en 2009 pour faire sa vie à Berlin. Plongée poignante, et souvent troublante, dans ce monde en vase clos que la série reconstitue fidèlement, des rites aux dialogues en yiddish.

«Unorthodox», celle qui a dit non au sein des Juifs new-yorkais


«The Queen’s Gambit», de Scott Frank et Allan Scott (Netflix)

En racontant le destin d’une orpheline devenue championne d’échecs dans les années 1960, cette série Netflix plonge dans le monde complexe du jeu. Fascinant.

«The Queen’s Gambit», le règne de la dame


«Moloch», d’Arnaud Malherbe et Marion Festraëts (Arte)

Dans une ville du nord de la France, des gens prennent feu. On ne sait pourquoi. Olivier Gourmet immense dans une série d’une totale originalité.

«Moloch», ce que racontent les rides d’Olivier Gourmet


«I May Destroy You», de Michaela Coel (OCS)

Ecrite et incarnée par Michaela Coel, talentueuse actrice britannique, et inspirée par son propre vécu, la série raconte les ondes de choc d’une agression sexuelle subie sous GHB.

«I May Destroy You», un viol et une grande claque


«Kalifat», de Wilhelm Behrman et Niklas Rockström (Netflix)

Mécompréhension des enfants d’immigrés face à leurs parents dans la banlieue de Stockholm, voyage vers Raqqa, désastre complet: une série suédoise courageuse.

«Kalifat», une histoire suédoise de radicalisation


«Le Prix de la paix», de Petra Volpe (SRF, Play Suisse)

Un feuilleton suisse brossant le tableau de la situation du pays à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l’accueil des jeunes Juifs réfugiés: pari risqué, pari relevé.

«Le Prix de la paix», chronique réussie de la Suisse en 1945


«Our Boys», de Hagai Levi, Joseph Cedar et Tawfik Abu-Wael (Canal+)

Retour sur de tragiques faits divers en Israël, quand des jeunes gens ont disparu et que les factions se sont attribué la faute. Une minisérie passionnante et lucide.

«Our Boys», au cœur du brasier israélo-palestinien


«ZeroZeroZero», de Stefano Sollima, Leonardo Fasoli et Mauricio Katz (Canal+)

Inspirée par un ouvrage de Roberto Saviano (Gomorra), cette fois, l’approche est de traiter le marché de la coke sur un plan planétaire, avec d’excellents acteurs et actrices.

«Zero Zero Zero», une traînée de poudre mondiale


«Lovecraft Country», de Misha Green (OCS)

La série qui tombait au bon moment: adaptant l’amusant roman de Matt Ruff, le scénariste Misha Green, avec le chaperonnage de J. J. Abrams, propose une fantaisie horrifique dans l’Amérique des années 1950 et de la ségrégation officielle. La légèreté du propos domine, comme dans le roman, mais l’entreprise a résonné avec l’année.

«Lovecraft Country», tous les cauchemars de l’Amérique


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… et celui de 2018

… et de 2017

… et de 2016

… et enfin de 2015