«Victor vient de poser le dernier mot au court livre qui raconte l’avion, l’anomalie, la divergence. Comme titre il a pensé à Si par une nuit d’hiver deux cent quarante-trois voyageurs – et Anne a secoué la tête», écrit, à la fin de L’Anomalie, Hervé Le Tellier – oulipien, écrivain (Moi et Mitterrand, Eléctrico W ou Assez parlé d’amour) et chroniqueur (Papier de verre pour Le Monde, Des Papous dans la tête sur France Culture). Dans L’Anomalie, Hervé Le Tellier met en scène, entre autres nombreux personnages, un écrivain, Victor Miesel, auteur, dans le roman, de divers ouvrages, dont Des échecs qui ont raté et… L’Anomalie, grand livre à succès, dont Hervé Le Tellier cite des extraits: «Si je frissonne de froid, c’est que ma fourrure de solitude ne parvient pas à réchauffer le monde.»

A la fin du livre et à travers Victor Miesel, Hervé Le Tellier fait un signe à Italo Calvino, qui fut, comme lui, membre de l’Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo) et auteur de Si par une nuit d’hiver un voyageur. Renvois, référence, effet de mise en abyme, dédoublement, citations, autant d’éléments qui sont loin d’être isolés dans L’Anomalie, ce roman enthousiasmant, sélectionné par plusieurs jurys de prix littéraires – dernier carré du Goncourt, sur les listes du Médicis et du Renaudot – et qui doit autant à Matrix et au Guide du voyageur intergalactique qu’à Georges Perec.