Culture

L'apnée digitale d'Opak

Le duo veveysan échafaude une suite fascinante de climats orageux, entre post-rock et «ambient»

Pop. Opak. Two Sleepwakers on a Tightrope. (Creaked/Namskeio)

Ce n'est pas encore une scène. Plutôt la confirmation d'affinités providentielles. Voisin musical des Lausannois de Velma et des Genevois de Sinner DC, Opak fomente en terre vaudoise le plus beau des complots numériques. A l'instar de ses complices lémaniques, le duo de Vevey s'affirme ici comme l'un des plus singuliers explorateurs de cette zone franche qui relie, par contaminations souterraines, le post-rock instrumental, l'électronique crépitante et le hip-hop échantillonné.

Avec Two Sleepwakers on a Tightrope, digne successeur de l'excellent Prolog paru en 2003, Julien Grandjean et Arnaud Sponar échafaudent par strates de sons ajourés d'envoûtants climats étales et orageux. S'y déploie le savoir-faire impeccable d'une paire aguerrie à l'art de la mise en scène auditive. Musiques de courts métrages, bandes-son d'expositions et remix ont jalonné le passé récent

d'Opak, et leur présent s'en ressent. Dans cette alliance hybride de sons acoustiques et de palpitations numériques, d'instruments pris sur le vif et de programmations savantes se modèle un paysage en constante mutation, comme appréhendé de la fenêtre d'un train filant à vive allure. Jardin des délices sonores qu'arpentent, furtifs et touchants, les spectres de l'ambient, du krautrock et de la musique concrète.

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