Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les deux drôles et leur mythique moue maussade.
© ldd

Scènes

Lapp et Simon jasent au pays des jets

Dans «Les Curistes», qui se joue à guichets fermés à Lausanne, le duo radiophonique mythique d’«Aqua Concert» griffe le grand âge sans ménagement

Le mortel ennui de la retraite, le corps qui lâche, les amis qui ne passent pas l’hiver… Jean-Charles Simon et Patrick Lapp, 69 et 73 ans respectivement, ont une vision vache du vieillissement. Dans Les Curistes – encore un jeu d’eau après Aqua concert, les deux drôles déclinent les désagréments de l’âge sur un mode acide-amer. Et ça plaît. A l’espace culturel des Terreaux, à Lausanne, devant un public concerné par les années écoulées, les comiques romands jouent en peignoir, avec quelques trous de mémoire et à guichets fermés.

«Si, comme de Gaulle l’a dit, la vieillesse est un naufrage, la retraite, c’est le Titanic. Les seules distractions de cette lente submersion? Les enterrements des contemporains ou les voyages en groupe». Jean-Charles Simon n’est pas encore en petite tenue que déjà, valise à la main, il met à nu les illusions des (futurs) rentiers.

Abats et tête de veau

L’homme de radio, qui a désormais quitté les studios, arrive en thalassothérapie. Et vu qu’il n’a pas, comme Patrick Lapp, conservé sa silhouette de rêve, son embonpoint est un sujet récurrent de ce face-à-face au pays des soins. Alors que Lapp boude les abats, son alter ego raffole de la tête de veau. Alors que Lapp pratique le taî-chi et la course à pied, son vis-à-vis n’envisage que le golf et encore, avec réticence, car «tous les golfeurs ne sont pas des cons, mais tous les cons jouent au golf». On l’a compris: comme à l’époque d’Aqua concert, grand succès radiophonique qui mêlait humour et musique classique, Lapp est le rêveur, Simon, le hâbleur.

A l’étroit dans la partition

Ça fonctionne? Oui, sur le papier. Les sketches, qui parlent des spas, des voyages pour personnes âgées – vive l’Egypte! –, des lettres de condoléances, de la vie après la mort, ou du bon usage des héritages, sont bien balancés. Mais le jeu ne suit pas toujours. Trous de mémoire, élocution approximative, timing imprécis, la représentation de dimanche n’était pas la plus réussie. A se demander si le tandem ne devrait pas plutôt improviser pour se libérer de cette partition dans laquelle il semble parfois à l’étroit. En même temps, ce serait dommage, car on serait privé des bons mots. A l’exemple de ce dialogue qui réjouit: «Vous êtes là depuis combien de temps?, demande Simon – Quinze jours, répond Lapp. – Vous avez perdu combien? – Deux semaines!» Typique et savoureux humour «simonlappien».


Les Curistes, jusqu’au 1er mai (supplémentaire le 25 avril), Espace culturel des Terreaux, Lausanne.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps