Lire Mary-Laure Zoss, c’est pénétrer dans un monde à la fois rude, beau et inquiétant, où l’on affronte la dureté des éléments. Le lecteur entrevoit des talus hivernaux, des cabanes de chantier, des vallées sombres, une forêt. Dans ce décor menaçant, aucun refuge ne s’offre à nous, sauf celui des mots.

Qui parle, dans ces poèmes puissants? Pas de «je» mais un «on», aussi flou que le paysage qui l’entoure, comme défait, en voie d’éparpillement, ignorant s’il est un ou plusieurs mais persévérant, même dans l’effondrement généralisé de son identité, continuant coûte que coûte à aller de l’avant, poignant jusque dans sa fragilité et sa débâcle.