Sept fois? Huit fois? Monique Jacot a perdu le compte de ses voyages au Yémen. Mais une chose est sûre: lorsque l’avion se mettait à manœuvrer pour trouver la piste à 2300 mètres d’altitude, en voyant s’approcher par le hublot le paysage de sable et de rocailles, c’était le même sentiment qui dominait. «C’est un peu inexplicable, mais je me sentais revenir à la maison», raconte-t-elle. En Suisse, Monique Jacot va surtout connaître la notoriété pour ses travaux consacrés à la condition des femmes, à leur quotidien et à leurs mouvements de protestation. Mais en attendant, à Sanaa, la capitale yéménite, la voyageuse neuchâteloise a déjà ses habitudes, à peine l’avion posé: «Le personnel de l’hôtel était aux petits soins avec moi. Au fil des années, j’étais devenue leur petite protégée.»