C’était hier, Manu Larcenet était le roi de la terre. Il faisait les gros titres de la presse: «Larcenet explose Bettencourt», «Larcenet Prix Nobel de littérature (avec un livre d’images)», «Exposition Larcenet-Caravage», «Larcenet-Bouba le clash»… Mais ça, c’était du temps où il avait des idées. Aujourd’hui, c’est la dèche. Les médias ne parlent plus que de son naufrage artistique et psychologique.

Manu Larcenet est un surdoué prolifique, comme en témoignent Les Cosmonautes du futur, Nik Oumouk, le formidable Combat ordinaire, cinq Donjon Parade, sans oublier Le Retour à la terre, ce tendre récit dont Thérapie de groupe reprend la note biographique dans une tonalité autrement sarcastique. Ces dernières années, avec Blast puis Le Rapport Brodeck, l’artiste s’est dirigé en noir et blanc du côté du réalisme. Il revient au dessin humoristique dans un débordement de couleurs et avec une énergie dévastatrice, s’affublant d’un pif titanesque et d’une bedaine magistrale.