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L’architecte Jean-Marc Lamunière s’est éteint après avoir marqué le bâti suisse d’une forte empreinte

Architecte, urbaniste, enseignant et théoricien, Jean-Marc Lamunière est notamment l’auteur à Genève du conservatoire et de la bibliothèque botanique et des Tours de Lancy, et à Lausanne de la Tour Edipresse

Architecte et urbaniste genevois, Jean-Marc Lamunière est décédé dimanche 2 août à l’âge de 90 ans. Figure tutélaire du bâti suisse, il est l’auteur d’objets architecturaux hautement symboliques. A Genève, il a construit le conservatoire et la bibliothèque botanique et les Tours de Lancy, à Lausanne, la Tour Edipresse (qu’il remporte sur concours et qui abrite les activités éditoriales de sa famille) et les ateliers des Imprimeries réunies à Renens. Sans oublier un grand nombre de villas pour une clientèle privée. Père de l’architecte Inès Lamunière, il venait de publier, avec l’architecte Philippe Meier, un ouvrage consacré aux perles de l’architecture genevoise au XXIe siècle. Il était également le signataire de nombreux autres livres consacrés aux constructions remarquables dans la région. Son œuvre, quant à elle, a fait l’objet de plusieurs monographies.

Né à Rome en 1925, il avait gardé un attachement profond avec l’Italie où il étudia l’architecture à l’Université de Florence. Une formation académique qu’il va par la suite contrebalancer avec des influences venant à la fois de Le Corbusier, dont il appliquera les 5 points de l’architecture, et de l’architecture amércaine, celle de Ludwig Mies van der Rohe notamment qui impose alors sa trame moderne dans le bâtiment avec ses structures en verre et en acier.

En Pennsylvanie où il enseigne à partir de 1967, Jean-Marc Lamunière rencontre bientôt Louis I. Kahn. L’Américain met en crise le carcan rigide de Mies par l’utilisation de la colonne creuse qui apporte de la lumière, permet l’intégration des réseaux techniques (eau, ventilation, électricité) et fluidifie la circulation. A son retour à Genève, à la fin des années 1960, Jean-Marc Lamunière applique ce système dans le développement des édifices destinés au Jardin Botanique. Et fait ainsi, le premier, le lien entre la pensée moderne et postmoderne dans l’architecture suisse. Ce qui aura pour effet d’opérer un basculement important non seulement dans l’histoire architecurale de notre pays, mais aussi dans le propre travail du Genevois pour qui la structure sert désormais de point de départ au projet.

A côté de ses activités d’architecte et d’urbaniste, Jean-Marc Lamunière exerçait aussi dans l’enseignement, à l’Université de Pennsylvanie et à l’EPFL de Lausanne où il fonda, en 1987, l’Institut de théorie et d’histoire de l’architecture.

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