Dans l’atelier de Doris Salcedo, sorte de cube en béton tout en hauteur, le silence règne en dépit de l’agitation voisine du quartier traditionnel et populaire de Chapinero, à Bogota, la capitale colombienne. Installés autour de grandes tables et d’établis, ses 27 collaborateurs – artistes, designers et ingénieurs – s’affairent, munis de pinces et de petits tournevis. Les gestes sont précis. Les uns défont minutieusement des planches de bois, minuscules bouts par minuscules bouts. Les autres les reconstruisent en recollant tout aussi minutieusement les éclats de bois qu’ils avaient défaits et émiettés auparavant. Ils sont en train de produire de nouvelles pièces de Tabula Rasa, une des dernières œuvres de la plasticienne dont les installations font référence dans les biennales d’art et les musées du monde entier.

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