«C'est un pur hasard, assure Stefano W. Pult, directeur de la Galerie Une. Cela fait six mois que je travaille sur cette exposition. Jacques Hainard est un ami, mais quand nous nous sommes rendus compte de la proximité de nos deux projets, il était trop tard pour une collaboration.»

Le hasard a donc bien fait les choses, puisque la visite des deux petites salles de la galerie complète à merveille celle du Musée d'ethnographie. Le titre de l'exposition, Interdit aux moins de 18 ans, évoque pour Stefano W. Pult l'inscription visible à l'entrée du cinéma de Neuchâtel où on projetait Emmanuelle, il y a une vingtaine d'années. Aujourd'hui, le film paraît gentillet par rapport à certains travaux exposés ici.

«Les jeunes artistes témoignent de la façon dont ils se meuvent dans un univers où l'érotisme est devenu kitsch», analyse Stefano W. Pult. Une majorité de femmes apparaissent dans son choix, dont la plupart se mettent en scène. Comme Alex Mcquilkin, qui se maquille devant un miroir selon un rythme peu ambigu (vidéo), ou Zoé Cappon, jeune artiste de Genève qui déforme son visage dans des scènes de sexe désenchantées (photos). Virginie Morillo, 20 ans à peine, dessine avec du sirop coloré et fabrique des décalcomanies fantaisies à coller juste au-dessus du pantalon taille basse. Mais à y regarder de près, il est question là de perversité et de prostitution.

Du côté des hommes, le travail de Philippe Meste est sans doute le plus violemment provocateur, lorsqu'il éjacule sur des femmes de papier glacé et appelle les œuvres ainsi composées des «Aquarelles». Les œuvres de Sophie Calle, Philippe Eliopoulos, Catherine Gfeller, Laurent Patart, Xavier Perrenoud, Leopold Rabus et Dana Wise complètent cette exposition présentée comme «une promenade estivale dans ce que vous dites ne pas regarder».

«Interdit aux moins de 18 ans», à la Galerie Une (Bercles 1 à Neuchâtel, tél. 032/724 61 60). Me-ve de 10h30 à 12h et de 15h à 18h, sa-de 10h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h.