Une femme (Kim Basinger) est kidnappée. Dans la remise où elle est retenue, un téléphone détruit qu'elle répare tant bien que mal. Plus exactement, elle crée des impulsions en frottant les fils électriques les uns contre les autres. Hasardeuse, l'opération compose un numéro: celui du téléphone portable d'un jeune homme (Chris Evans), surfeur à Malibu, qu'elle ne connaît pas mais qu'elle doit convaincre de la sauver. S'ajoutent deux problèmes, épineux: elle ne doit plus raccrocher sans quoi elle serait incapable de recomposer le même numéro; il ne doit surtout pas s'éloigner des réseaux ni laisser sa batterie tomber à plat sans quoi la communication serait coupée.

Réalisé sans génie et dans un univers dont on peut se sentir totalement étranger (Los Angeles, ses plages, ses 4x4 décapotables et ses filles en maillot de bain), Cellular tient surtout grâce au scénario signé Larry Cohen. Ce vieux briscard de l'idée qui tue, auteur de la série Les Envahisseurs, avait déjà inventé le bébé qui tue (Le Monstre est vivant) et même le yoghourt qui tue (The Snuff), avant de retrouver une jeunesse grâce aux téléphones. Après l'histoire d'un homme coincé dans une cabine téléphonique (Phone Game de Joel Schumacher l'an dernier), Cohen s'amuse à présent avec toutes les ficelles à suspense qu'offre l'invention du téléphone portable. Le résultat aurait sans doute été plus excitant avec des comédiens moins lisses (sauf Kim Basinger, suprême de fatigue) et des metteurs en scène comme Hitchcock ou DePalma. Mais il restera comme un quasi-documentaire ironique sur les us contemporains.

Cellular, de David R. Ellis (USA 2004), avec Kim Basinger, Chris Evans, Eric Christian Olsen.