Lors de ses rares excursions au large, sa silhouette d'araignée tombée sur le dos a intrigué les festivaliers en balade sur les quais de Montreux. A quoi sert l'ancien arteplage du Jura d'Expo.02, transporté non sans peine sur le Léman depuis le Lac de Neuchâtel? Arrivé le 10 juillet, il a été employé comme bar valaisan – le Valais étant parrain de l'opération – et écrin pour des animations musicales.

Il a surtout donné du fil à retordre aux organisateurs, en raison du nombre élevé d'instances cantonales et fédérales à consulter ainsi que d'autorisations à obtenir. Si les autorités cantonales, assurent les organisateurs du Festival, ont tout de suite montré leur soutien à la démarche, le caractère particulier de cette barge festive n'a pas simplifié les manœuvres. Pour cette édition, il n'aura ainsi pas été possible de naviguer avec des passagers à bord.

A quai, le poids de la barge (240 tonnes) a compliqué les opérations lorsqu'il s'est agi de l'amarrer à des pieux spéciaux, l'idée initiale. Finalement, un ponton de la CGN a été réquisitionné, mais les soucis ne se sont pas arrêtés là. Des questions d'assurances, puis, mercredi, les caprices de la météo ont fini de corser l'affaire. Le Festival a demandé un feu vert en arguant d'un statut exceptionnel pour les derniers jours. Ensuite, une fondation composée de l'Etat du Valais, de la commune de Port-Valais (Le Bouveret, qui sera le lieu de résidence) et du Festival pilotera l'embarcation. L'année prochaine, foi d'organisateurs, «cet outil phénoménal sera vraiment partie intégrante» du grand raout musical.