Quand le coup de cafard survient, chacun a son chanteur, sa chanteuse, son tube qui est un viatique, un anxiolytique. Pour les uns, c’est Barbara et son Aigle noir, pour les autres, c’est Joe Dassin et son Eté indien, pour Laurent Deshusses, Sganarelle diabolique au Théâtre Alchimic à Genève, c’est Michel Sardou et Je vais t’aimer, ce rugissement «à faire rougir les putains de la rade» dans une nuit mauve. C’est ainsi qu’il se jette dans Ma vie de courbettes, spectacle qui marque son retour en solitaire aux planches, irrésistible d’autodérision, de tendresse, d’angoisse chassée d’une chiquenaude.