Laurent Nègre est un cinéaste que l’on pourrait qualifier d’aventureux, dirigeant Marthe Keller dans un bouleversant drame familial (Fragile, 2005) avant de se frotter, avec une audace frondeuse, à la comédie (Opération Casablanca, 2010), un genre trop peu exploré en Suisse. En 2015, enfin, il osait avec Confusion un film politique en forme de faux documentaire. Réalisateur de plusieurs reportages pour Temps présent, coauteur en fin d’année de la série documentaire La Fabrique des Suisses, le Genevois était en outre nommé en juin dernier à la tête de l’unité culture de la RTS. Alors que la première chaîne de télévision romande inaugure cette semaine une nouvelle émission culturelle, Ramdam, il s’exprime pour la première fois sur ses nouvelles fonctions.

«La RTS a un rôle généraliste, souligne d’emblée Laurent Nègre. Nous n’avons pas le luxe de devenir des spécialistes, même si au sein des rédactions on trouve des gens extrêmement spécialisés.» Pour lui, le rôle du service public est de parler à la société dans son ensemble, de n’exclure personne. «La culture est comme une boîte à outils permettant d’appréhender le monde, on ne doit pas en avoir une vision algorithmique. La culture, c’est ce qui nous rend humain.»