Héritage Maurice Béjart – Le torchon brûle entre Lausanne et Bruxelles

Récemment inaugurée, la Maison Maurice Béjart veut perpétuer la mémoire de l’artiste né à Marseille et mort à Lausanne en 2007 mais qui a passé une grande partie de sa carrière en Belgique. Il y a créé notamment «le Sacre du Printemps» en 1959, le «Boléro» un an plus tard et fondé sa troupe «Le Ballet du XXe siècle».

Lettre courroucée La presse belge, reprise vendredi en partie par la «Liberté» et «Le Courrier», révèle que la Fondation Maurice Béjart à Lausanne n’apprécie pas du tout l’initiative du Plat Pays. «Le Soir» reproduit une lettre de l’avocate genevoise de la fondation.

«L’entité belge n’a aucune légitimité pour représenter Maurice Béjart et son œuvre. Elle n’a aucun droit de s’exprimer au nom de Maurice Béjart», affirme la missive. La fondation lausannoise s’affirme comme «l’unique héritière» de l’œuvre de Maurice Béjart. Le danseur a quitté la capitale belge en 1985 pour s’installer au bord du Léman.

Démarche très naturelle Interrogée sur cette lettre par l’ATS, l’avocate Carla Heuvelmans s’est bornée à répondre qu’elle n’avait «rien à ajouter». Côté belge, les responsables jugent qu’il était très naturel que Bruxelles crée un espace en l’honneur de Maurice Béjart.

«Cette maison c’est plus qu’un musée ou une fondation. C’est le lieu qu’il a habité et où il a créé», juge Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Située dans l’appartement où Maurice Béjart a vécu plus de 25 ans, la Maison Béjart est due notamment à Michel Robert, ami et biographe du chorégraphe. Une journée portes ouvertes est agendée le 22 novembre. «Nous sommes devant deux démarches qui se rencontrent. L’une est intéressée (la fondation à Lausanne) alors que l’autre est complètement désintéressée (la maison)», estime Jacques De Decker.

Gros sous «La Libre Belgique» souligne aussi l’aspect financier du différend et les droits commerciaux revendiqués par la Fondation Maurice Béjart de Lausanne, présidée par Gil Roman qui est aussi directeur artistique du Ballet Béjart Lausanne. «L’avenir dira si ce conflit juridique n’est qu’une question de susceptibilité comme souvent dans le cadre de successions d’artistes, ou s’il peut conduire à des problèmes plus graves», écrit le quotidien.