Le plus secret de nos artistes. L’un des plus essentiels. Le metteur en scène zurichois Christoph Marthaler est notre barde. Il ne chante pas, il fait chanter. Il récuse les grandes orgues qui étourdissent les foules, il préfère les musiques de chambre qui consolent les dissidents du siècle numérique. Tous ses spectacles ou presque parlent de la solitude de ceux qui fuguent à contre-courant. A l’affiche du Théâtre de Vidy, sa nouvelle pièce, Aucune idée, relève comme toujours chez lui du poème musical, traversé par des coups de vent burlesques, par un humour potache et raffiné qui est sa politesse de désenchanté. Surtout ne pas accabler le spectateur, mais l’inviter à regarder vers la cime intérieure.