Samedi 13 août, gare de Lausanne, 05h45: quelques groupes de noctambules conversent bruyamment, une femme en talons hauts traverse la rue en diagonale, un homme nous dépasse l’air pressé, une traînée d’aftershave à ses trousses. Au-dessus de nos têtes, la lune est pleine. Une quinzaine de minutes plus tard à Bellerive, elle commence déjà à pâlir. A l’horizon du lac, le jour pointe en dégradés rosés. Sur le ponton du bar de La Jetée de la Compagnie, Laure Betris, guitare électrique en bandoulière, synthétiseur à sa gauche et cubes et sphères vibrantes à sa droite, distille ses chansons, en araméen, une langue «presque morte» héritée de son père irakien, et en français, sa langue maternelle.