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A Lausanne, deux lustres pour le Bourg

La salle de spectacles lausannoise fête ses dix ans avec deux soirées spéciales. Bref retour en arrière

On n'a pas vu le temps passer. Il y a dix ans, à Lausanne, s'ouvrait Le Bourg, bar et salle de spectacles installés au sommet de la rue du même nom, dans les locaux désertés par le cinéma du même nom. Ce nouveau Bourg a conservé le zinc et surtout le volume longitudinal de son prédécesseur, ce qui offre dès l'entrée dans le lieu lui-même une profondeur de champ inédite, accentuée par la légère déclivité en terrasses (pensez aux vignes de Lavaux) qui mène à la scène. Mais il en a surtout conservé le revêtement intérieur, tapisserie rouge aux motifs noirs qui, ajoutée aux tables rondes, aux fauteuils et à la tenture plissée qui occulte parfois l'écran du fond de la salle, donne à l'endroit une indéniable atmosphère lynchienne.

Bourg-Plage, la belle idée

De l'ambiance au mouvement, le Bourg, durant cette décennie, a su se développer, par exemple en se donnant pour mission de remplir le creux de l'été en se muant temporairement, chaque année, en Bourg-Plage, une gargote semi-improvisée nichée sous les arches du Pont-Bessières. Il a surtout su devenir l'un de ces endroits pour lesquels la notion de programmation (musicale certes, mais qui inclut aussi un large pan d'arts vivants et visuels) conserve un sens – ne soyons pas inutilement chien: ils sont une bonne poignée en Suisse romande.

Une vision partagée

A Lausanne, il a su ouvrir ses portes aux festivals qui partagent – ou qui, pour les défunts, ont partagé – sa vision: les Urbaines, Heartland, Electrosanne, Impetus. Il est parvenu à garder une oreille grande ouverte sur les propositions des artistes locaux. Il a pu se faire moteur de création, comme lors d'une récente semaine de résidence offerte aux deux guitaristes Norberto Lobo et Eric Chenaux. Il a surtout réussi à offrir des concerts mémorables – on pique au vol le souvenir du drone metal de Earth en 2011, ou celui d'une fiévreuse soirée d'août 2013 consacrée à deux massifs aventuriers de l'électronisme, Vatican Shadow et Andy Stott.

L'heure est donc à la célébration: vendredi 20 et samedi 21 novembre, le Bourg se fait plaisir et nous régale. L'affiche du second jour de fête est particulièrement séduisante : se succéderont Lubomyr Melnyk, pianiste de l'extrême (que la légende se plaît d'ailleurs à présenter comme le plus rapide du monde), et Mohammad, extraordinaire duo grec qui conjugue violoncelle et oscillateur en mode sombre et monumental. Courez à l'aventure.


Le Bourg. Rue de Bourg 51, Lausanne. Ve 20 et sa 21 novembre, dès 21h30. Rens. www.le-bourg.ch

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