A quatre heures de TGV de Paris et de plus en plus profilée comme ville de culture et de loisirs, Lausanne peut être considérée comme «une destination potentiellement émergente dans le tourisme d'agrément», expliquait hier Philippe Rossat, directeur des Guides Gallimard, venu signer dans la bonne humeur, avec le syndic Jean-Jacques Schilt, un contrat de partenariat pour la réalisation d'un volume sur la capitale vaudoise et la région du Léman. C'est une première, aucune ville suisse n'ayant jusqu'à présent eu les honneurs d'une collection qui se situe résolument dans le haut de gamme de ce type de publications.

Les Guides Gallimard, qui compteront 115 titres à fin 2001, sont édités par «Nouveaux Loisirs», une filiale de la maison parisienne, et revendiquent une approche à la fois culturelle et encyclopédique, avec un accent particulier sur l'image. Lausanne, qui pour l'instant ne dispose d'aucun guide digne de ce nom, y figurera, dès le début de l'année 2003, aux côtés de Rome, Berlin ou New York, et y sera présentée, comme ses prestigieuses voisines de rayon, en trois parties: «Les clés pour comprendre» (nature, histoire, art etc.), des itinéraires (la partie la plus substantielle) et des informations pratiques (la sélection des bonnes adresses étant confiée au GaultMillau).

Le guide, qui vise en premier lieu les amateurs de week-ends prolongés, intégrera la notion d'«escapades» et proposera des visites dans la région, dans un rayon d'environ 100 kilomètres, d'Evian à Avenches ou à Yverdon, sans franchir la frontière genevoise. Mais c'est bel et bien d'un guide de Lausanne qu'il s'agira, pour la réalisation duquel la municipalité versera 125 000 francs et le Fonds d'équipement touristique de la région lausannoise 50 000 francs.

L'éditeur prendra en charge les deux tiers du budget (évalué à un peu plus de 500 000 francs suisses) et assurera la diffusion. Le premier tirage en français sera de 10 000 à 12 000 exemplaires. Des retirages avec mise à jour des informations pratiques sont prévus environ tous les dix-huit mois, et des traductions peuvent être envisagées en coédition avec les éditeurs étrangers partenaires de Gallimard.

Philippe Rossat insiste sur le rôle fondamental des compétences locales dans la réalisation de ce guide. La coordination en a d'ores et déjà été confiée à un historien lausannois, Laurent Golay, et une cinquantaine d'auteurs basés sur place seront mis à contribution, dont un certain nombre de sommités dans leur domaine, comme le professeur Paravicini, spécialiste du Moyen Age.

En ce qui concerne l'iconographie, point fort des Guides Gallimard, l'éditeur dispose d'une équipe rodée d'illustrateurs (naturalistes, architectes, cartographes…), mais pour les photos les ressources locales seront sollicitées. Ce sont en effet les photographes lausannois qui seront le mieux à même de fournir des images permettant de faire sentir toutes les facettes de la ville, au fil des saisons. Et c'est dans les fonds lausannois que l'on trouvera les images historiques inédites que les Guides Gallimard ont l'habitude de publier.

Parmi les facteurs qui l'ont amené à entrer en matière avec Lausanne pour réparer l'absence de la Suisse dans sa collection, Philippe Rossat mentionne son attachement personnel à cette ville, mais le plus réjouissant, pour les édiles lausannois, c'est sans doute qu'il semble croire à l'intérêt commercial de l'entreprise. Un éditeur ne se lance pas dans un investissement aussi conséquent par pure sympathie. Il y a là un indice précieux quant à l'évolution positive de l'image de Lausanne chez nos voisins français.