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Mika Vainio, à Berlin en 2013.
© Heji Shin

Concert

A Lausanne, l’hommage à un maître des ondes

Mika Vainio, membre de l'influent duo électro Pan Sonic, est décédé le 12 avril 2017. Un an plus tard, son collègue Ilpo Väisänen lui rend hommage en musique lors d'une très rare date lausannoise

Mika Vainio est mort il y a une année. A 53 ans, c’était quand même une très mauvaise idée, d’autant plus qu’elle mettait fin à plusieurs décennies de renouvellement perpétuel dans le domaine des musiques électroniques.

Remontons en 1996. Cette année-là, un duo de Turku, une ville côtière du sud de la Finlande, sortait son deuxième album, Kulma, chez Blast First. A l’époque, on a voulu y entendre une musique qui se serait passée d’intervention humaine: cet assemblage d’infrabasses, de rythmes mécaniques et de motifs anguleux répétés jusqu’à l’obsession composait une électro que l’on estimait à quelques kelvins à peine.

Ce duo se nommait alors Panasonic. Il était formé de Mika Vainio et d’Ilpo Väisänen. Menacé d’un procès par la firme japonaise du même nom, il a dû se rebaptiser Pan Sonic en 1998. Et son influence a considérablement participé au renouveau et à l’émancipation créatrice des franges les plus libres de la musique électronique en cimentant un canon esthétique particulier – que l’on pourra décrire, en conviant tout le champ connotatif des termes qui vont suivre, de froid, de clinique, et paradoxalement capable d’étourdir selon deux des sens de ce verbe: provoquer l’ivresse (par le vrombissement des synthés analogiques) et assommer (par le rythme).

Vainio et Väisänen vont développer leur style dans une longue collection d’albums – et par exemple le monumental Kesto (234.48: 4), quadruple disque sorti en 2004 chez Blast First –, de projets solos et de collaborations diverses: avec Keiji Haino, FM Einheit, Alan Vega ou encore Sunn O))). Le décès de Vainio mettra une fin définitive à la possibilité de toute aventure duale.

Très vite, Ilpo Väisänen fait part de sa volonté de dédier un album à la mémoire de feu son collègue. Il le fera dans le cadre de l’un de ses projets parallèles, die ANGEL – formation à trois dans laquelle il évolue avec Dirk Dresselhaus et Oren Ambarchi. Le disque en question, Entropien I, est publié en octobre 2017 chez Cosmo Rythmatic. C’est cet album qui fournira la matière première de la performance (assurée par Väisänen et Dresselhaus) qui sera donnée à l’Oblo de Lausanne ce samedi: si son titre est assurément funèbre, si les structures de ses pièces se caractérisent de prime abord par une forme de désorganisation lente, si ses atmosphères sont brumeuses, il se dégage d’Entropien I une forme d’énergie lointaine et attirante – un genre d’au-delà.


Die ANGEL.Oblo. Avenue de France 8, Lausanne. Sa 14 à 21h.

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